Carte postale ancienne du boulevard des Pyrénées à Pau, avec le château

Daniel Balavoine à Pau : les sept années qui ont fait le chanteur

On connaît le chanteur d'« Aziza » et du « Chanteur ». On sait qu'il est mort en janvier 1986 dans un accident d'hélicoptère au Mali. On oublie presque toujours qu'entre les deux, il y a Pau - et que c'est là, entre onze et dix-huit ans, que Daniel Balavoine est devenu quelqu'un qui chante.

Un enfant d'Alençon devenu palois

Daniel Balavoine naît à Alençon, en Normandie, le 5 février 1952. Rien ne le destine au Béarn. C'est le divorce de ses parents, en 1959, puis la mutation de son père en Algérie, qui déplacent la famille vers le sud-ouest : d'abord Biarritz, avec sa mère, puis Pau, en 1963.

Il y restera plus de sept ans, jusqu'en 1970. Sept années qui couvrent exactement l'âge où l'on se fabrique : l'adolescence, les premiers disques, les premières amours, les premières colères. Mai 68 le trouve lycéen à Pau, et déjà porté sur la prise de parole - ceux qui l'ont connu à cette époque décrivent un garçon qui lit beaucoup et qui parle fort.

Les bals, et Bob Dylan

C'est à Pau qu'il monte sur scène pour la première fois, et ce n'est pas dans un théâtre. Il chante dans les bals. Des salles de fête, des orchestres de reprise, un public venu danser plutôt qu'écouter. Et à son répertoire, du Bob Dylan.

Ce détail-là en dit long. Chanter du Dylan dans un bal béarnais de la fin des années soixante, ce n'est pas le choix du plus facile. C'est déjà arbitrer entre ce qui fait danser et ce qu'on a envie de défendre - l'arbitrage exact que fait n'importe quel groupe aujourd'hui, le samedi soir, dans n'importe quelle salle des fêtes du département.

On aime cette image parce qu'on la connaît de l'intérieur. La différence entre lui et nous, c'est qu'il a écrit « Le chanteur » quelques années plus tard.

Ce que Pau a laissé dans les chansons

Peu de noms de rues, peu de cartes postales. L'empreinte est ailleurs.

Sur son premier album, De vous à elle en passant par moi, paru en mars 1975, figure une suite en plusieurs mouvements intitulée « Mona Lisa ». Le premier de ces mouvements s'appelle « La première fille de ma vie ». Ses biographes y lisent le souvenir d'un amour palois.

C'est peu, et c'est beaucoup : à vingt-trois ans, quand il enregistre son premier disque, ce qu'il a à raconter vient encore d'ici.

Ce qu'il en reste, à vingt minutes de Pau

Le Béarn n'a pas fait de Balavoine un monument, et c'est peut-être mieux ainsi. Il a fait plus simple : une rue et une salle de spectacle à Bizanos portent son nom.

La salle Daniel-Balavoine est un équipement municipal ordinaire, de ceux où se tiennent les galas d'école et les concerts associatifs. Rien de solennel. Un endroit où des gens chantent, toutes les semaines, sous le nom de quelqu'un qui a commencé par chanter dans des salles comme celle-là.

Pourquoi c'est nous qui écrivons ça

Parce que TidyMess n'existerait pas sans lui.

En 2005, près de Pau, un spectacle hommage à Daniel Balavoine réunit sur les mêmes planches une chanteuse et un pianiste qui ne se connaissaient pas. Nelly et Thomas. Ils ne le savent pas encore, mais ils viennent de commencer une histoire qui dure depuis vingt ans.

En 2016 et 2017, nous avons repris son répertoire quatre fois à Morlaàs. Le 7 mars 2026, nous avons joué un concert spécial Balavoine - salle Daniel-Balavoine, à Bizanos. La boucle était assez belle pour qu'on la souligne.

Nous ne sommes ni historiens ni biographes. Nous sommes juste deux personnes qui ont passé beaucoup de soirées à chanter ses chansons devant du public béarnais, et qui trouvaient dommage que ces sept années-là restent une note de bas de page.

Nelly et Thomas

Le boulevard des Pyrénées et le château de Pau sur une carte postale ancienne. Bibliothèque nationale de France, domaine public.

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